Baignoire, Baie noire,
Pendant mes trois années d'étude d'architecte d'intérieur, je redécouvre la peinture, l'amour des couleurs, des volumes. Employé décorateur à Cannes ensuite à Paris, la peinture ne m'a pas quitté.
Mes toiles ayant pour trait des scènes d'intérieur, m'ont fatalement conduit vers l'objet, le sortir de ma mémoire pour enfin le contempler, le dessiner. L'ambiance douce, tiède entre petit bateau, canard flottant m'est revenue. Ce volume reconsidéré, bien planté, beau, charmant dans lequel hormis l'eau pour le remplir, contient un univers.
L'une en zinc, sauvée du ferrailleur, sanglée sur la galerie de ma 4L. L'autre émaillée, abreuvant des vaches dans un pré. Celle, adoptée par un retraité ou géraniums, nains de jardin nous la font oubliés. Puis celle du chat qui veut y jouer.
Tantôt, elle peut-être glauque, froide, troublante.
Tantôt bleue, chaude, sensuelle, s'envolant souriante sur son tapis de bain, vers une eau poissonneuse, glacée.
La baignoire est un ventre avec des pieds qui suit l'enfant, substituant celui de la mère.
Adulte je m'y love encore, m'y blottit.
Couché dans elle, je veux seulement rêver, parler peut-être.
A chacun son divan.